Lemmings

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La toundra est surpeuplée, les lemmings, petits rongeurs de ces régions boréales,sont à bout. Qui aurait pu prévoir la piteuse condition dans laquelle la surpopulation les a menés ?
Les luxuriantes prairies vertes ont laissé place à une terre mise à nue, labourée.

 

Quand la nourriture était abondante, les lemmings étaient de nature sociable, mais les provisions diminuant, ils commencent à regarder leurs voisins avec animosité.Le spectre de la faim plane au-dessus d’eux et des querelles ne tardent pas à éclater. Les cris plaintifs des plus jeunes, affamés, ajoutent une note désespérée à leurs luttes. La peur se répand dans les rangs. Ils vont et viennent dans une hystérie croissante.

 

D’instinct, ils savent qu’il est temps de partir. Ils courent, tournent en rond dans la confusion.
 

Finalement, un groupe se détache pour se diriger vers un territoire inconnu et le reste de la population suit. Une immense horde brune se rue alors dans la toundra.

 

Rapidement, le territoire est déserté, à l’exception de quelques réticents qui ne veulent pas fuir. L’exode des lemmings se poursuit à un rythme effréné, chacun s’efforçant de passer devant l’autre.
La marée brune avale les obstacles, dévore toute la verdure sur son passage, ne tournant ni à droite, ni à gauche. Certains tombent dans les ruisseaux et s’y noient. Leurs corps piétinés forment des ponts pour le reste de la horde. Les prédateurs les guettent en chemin, et lorsque la mort enlève un lemming, un autre prend sa place. Ils courent, poussés par un étrange instinct qu’eux seuls connaissent, insouciants des dangers qui les environnent. Il n’y a pas de retour possible.Même le grondement menaçant de l’océan ne ralentit pas leur élan... Ils se ruent sur la plage, et tous se jettent sans hésiter dans l’eau glacée, à la suite des leaders qui nagent, nagent plus vite encore, de peur d’être dépassés… sans savoir où ils vont. Leurs petites pattes fatiguées pagaient furieusement, jusqu’à ce que, à bout de forces, les uns après les autres, tous les lemmings se noient.

 

Pauvres créatures ! Combien l’on souhaiterait qu’elles fassent preuve de plus de bon sens et n’essaient pas de traverser l’océan, car il est évident qu’elles vont à la destruction.

 

Mais n’avez-vous pas parfois l’impression d’être comme l’une de ces petites bêtes, suivant aveuglément le troupeau ? N’avez-vous pas l’impression vous aussi d’être pris dans une course effrénée dont l’issue fatale est inévitable ?

 

Notre société n’est-elle pas semblable à une migration de lemmings qui se marchent les uns sur les autres dans une implacable poursuite de leur propre plaisir, confort et sécurité.
 

Nombreux sont ceux qui se demandent comment cela va finir, tout en se sentant totalement impuissants à changer le cours des choses, prisonniers du mouvement de masse.

 

Que faire, et où aller pour trouver la vie ?

 

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